dimanche 18 avril 2021 07:47

« Les migrations, une chance pour l’humanité ? »

vendredi, 18 décembre 2020

« Les migrations, une chance pour l’humanité ? » est le thème de l’émission table-ronde organisée par la plateforme numérique Awacer TV ce jeudi 17 décembre 2020, à l’occasion de la journée internationale des migrants célébrée le 18 décembre de chaque année.

 Mohamed Charef, directeur de l’Observatoire régional des migrations espaces et sociétés (ORMES) de l’Université Ibn Zohr d’Agadir, Ana Fonseca, chef de mission de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) au Maroc et Issiaka Konaté, directeur général des Ivoiriens de l’extérieur, ont participé à cette émission modérée par Najat Azmy, membre du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME) et du Conseil national pour la diversité en France.

Les interventions des participants se sont intéressées à trois points essentiels à savoir l’importance de la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille, l’impact de la pandémie du coronavirus sur la situation des migrants et les avancées de la gouvernance du Maroc de la question de la migration.

Pour Issiaka Konate, la célébration de la journée internationale des migrants est avant tout l’occasion de dissiper plusieurs fausses perceptions. Il cite à cet effet le discours de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, « 80% du flux migratoire se passe à l’intérieur du continent. Les statistiques sont très claires, seulement 10% des migrants se dirigent vers l’Europe. La migration est majoritairement régulière et seulement 15% de la migration internationale est irrégulière ».

En plus, les migrants dépensent 85% de leurs revenus dans les pays d’accueil, c’est dire que « la migration contribue plus à la richesse des pays d’accueil qu’à celle des pays d’origine, « contrairement à ce qu’on peut penser ».

Il rappelle le rôle de locomotive que joue le Maroc quant à la question de la migration dans le continent africain sous le leadership de Sa Majesté le Roi et se félicite de voir s’installer au Maroc l’Observatoire africain des migrations. « Aujourd’hui nous sommes tous partie prenante d’un travail qui nous engage tous et dont les résultats nous concernent tous. »

S’exprimant sur les répercussions de la crise du Covid 19 sur les migrants, Issiaka Konate affirme que « cette pandémie a prouvé que la fragilité est commune à tous les humains, que nous avons le devoir de solidarité et que le respect des droits du migrant relève du respect de l’être humain ».

Pour sa part, Anna fonseca pense que oui, « sans aucun doute, la migration est une chance pour l’humanité, à condition d’être bien gérée ». De par son expérience depuis des années au sein de l’organisation onusienne, elle explique qu’au Maroc « pays de transit et de destination, nous voyons que la mobilité est un concept qui doit être intégré dans les politiques sectorielles, car le lien est étroit entre mobilité et développement ».

« Le Maroc fait des efforts énormes dans la perspective de gouvernance locale du phénomène migratoire et surtout pour bénéficier de la mobilité sur le plan territoriale », poursuit-elle, mettant en lumière les mécanismes mis en œuvre pour réaliser ces objectifs, à savoir l’initiative Global compact et la stratégie nationale d’immigration et d’asile.

La responsable onusienne affirme également que « si c’est c’est important et primordial de s’occuper des catégories vulnérables, on doit travailler encore plus sur la résilience », « ensemble, pays africains et européens, devons unir nos efforts pour développer des mécanismes de reconnaissance de compétences et pour l’employabilité dans la mobilité ».

En ce sens, elle estime que le rôle de l’Observatoire africain des migrations aidera à « contextualiser » les efforts et soutenir les états africains pour la collecte et l’analyse des données, « ce qui est important pour la gouvernance de la migration en Afrique mais aussi au niveau de tous les états qui sont partie prenante de cette mobilité ».

Pour Anna Fonseca, la pandémie du covid a eu un aspect inclusif. Elle a comme impact de révéler en nous le besoin de féderer nos efforts, d’exprimer la solidarité et l’humanisme et d’éprouver de l’empathie vers le migrant qui s’est retrouvé, avec la fermeture brutale des frontières, dans la position de victime invisible.

Le covid 19 a accentué la vulnérabilité des catégories déjà affaiblies et élargi la base de cette population. « Ce contexte doit nous motiver à développer des partenariats stratégiques entre acteurs publiques, institutionnels et privés pour le développement sectoriels afin que cette catégorie ne s’élargisse pas encore plus et nous devons désormais considérer la mobilité dans un contexte épidémiologique ».

Dans son intervention, Mohamed Charef a d’abord exposé les objectifs de la la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille du 18 décembre 1990, dont le plus important est de fixer des normes dont les différents états doivent s’inspirer pour établir leurs lois et pour renforcer l’arsenal juridique quant à la question des droits des migrants.

La convention, dont « le Maroc a toujours été l’une des chevilles ouvrières », a, à ce jour, été ratifiée par 55 pays, parmi lesquels on compte la plupart des pays africains francophones, la plupart des pays d’Amérique latine, alors qu’en Europe uniquement l’Albanie l’a fait. « C’est dire le chemin qui reste encore à parcourir ».

L’engagement du Maroc pour la migration se traduit selon M. Charef par les avancées extraordinaires qu’il a réalisé sous l’impulsion des directives royales et des stratégies nationales qui doivent être encore plus concrètes et plus « territorialisées ».

« Sa Majesté a présenté une feuille de route claire qui a donné lieu à l’Observatoire africain des migrations, une aubaine pour le continent car si l’on veut gouverner la migration et les migrants, il faut les connaître à travers nos outils et nos institutions pas à travers ceux importés d’autres pays qui vivent d’autres réalités ».

Pour professeur Charef, le maître-mot de notre époque est la mondialisation de la mobilité. La diaspora, qui constitue 3,4% de la population mondiale, contribue à hauteur de 9,5% du PIB mondial alors « oui, la migration est une chance, même en temps de crise, quand on sait que deux vaccins du Covid 19 ont été élaborés par des immigrés, qu’aux États Unis le responsable du développent du vaccin est d’origine marocaine, que Steve Jobs est d’origine syrienne ».

Le Covid, un virus qui a propulsé le monde dans une crise sans précédent et qui, pour les migrants marocains en situation de vulnérabilité, « n’a fait que révéler une réalité qui était déjà désastreuse. Ils étaient dans les premières lignes au vu de leurs métiers, dans le service principalement, ils ont aussi souffert à cause de leurs conditions de logement, puisque le monde entier était assigné à résidence, ils ont aussi souffert parce qu’ils ne pouvaient pas faire le deuil des pertes humaines dans leur rang à cause de la rareté des carrés musulmans et de l’impossibilité de transférer les dépouilles au Maroc... ».

CCME

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