« Le Polisario et les menaces sécuritaires et terroristes : entre droit international et défis géopolitiques »

lundi, 21 décembre 2020

« Le Polisario et les menaces sécuritaires et terroristes : entre droit international et défis géopolitiques » est le sujet de la quatrième émission directe organisée par la plateforme numérique Awacer TV, dans le cadre de sa programmation à l’occasion de la journée internationale des migrants.

 José Maria Gil, expert des questions du terrorisme et de la sécurité internationale et directeur de l’Observatoire international de la sécurité en Espagne et Lorenzo Penas Roldan, avocat international des affaires de terrorisme et de sécurité internationale ont été les invités de cette rencontre modérée par Hatim Bouazza, professeur chercheur à l’Université du Roi Juan Carlos de Madrid (Espagne).

Les interventions des participants ont permis de cerner les dimensions historiques de la question du Sahara depuis 1976 mais ont surtout permis de mettre l’accent sur la contribution du Maroc dans le développement de la région, sa capacité à défendre sa souveraineté nationale dans la paix et le respect du droit international. Le point a été mis sur les dernières décisions des Etats-Unis et de la France reconnaissant la marocanité du Sahara.

Lorenzo Penas Roldan, qui est d’ailleurs le seul avocat espagnol à avoir participé à la défense des familles des 11 victimes de Gdeim Izik, assure que son pays n'a jamais reconnu l'Etat Polisario. « Il y a un problème fondamental, et il est représenté dans la confusion du peuple sahraoui avec le Polisario. C'est le principal problème dont nous souffrons en Espagne. Il n'y a pas de médias et de propagande appropriés qui permettraient à nos citoyens de comprendre qu'un groupe terroriste armé comme le Front Polisario n'a rien à voir avec les sahraouis », a-t-il expliqué

« L'exploitation des événements par le Polisario est un fait historique. Cela s'est produit cette année, par exemple, au passage de Guerguerat, coïncidant avec la date de la Marche verte, et je me souviens aussi de l'incident survenu lors de la visite du Comité des Nations Unies, ce sont des agissements qui se répètent chaque années depuis des décennies ».

Pour Lorenzo Penas Roldan, reconnaitre la marocanité du Sahara est aujourd’hui la concrétisation de la justice et de la vérité et le couronnement d’un processus historique qui atteste que le Polisario n’a fait que fomenter les troubles et la haines pendant des décennies tandis que le Maroc a agi dans le respect des dispositions du droit international en tant qu’état souverain et respectable.

Concernant la reconnaissance des USA de la souveraineté du Maroc sur ses provinces du sud, il commente : « tout le monde reconnait le poids d’un pays comme les États-Unis sur la scène politique internationale. Leur reconnaissance de la marocanité du Sahara est un soutien à la position du Roi Mohammed VI, une position historique et légitime. Plus que cela, c'est une décision qui implique que la communauté internationale fera un pas en avant pour enfin parvenir à la seule et unique solution possible du point de vue juridique, celle du plan d’autonomie ».

Pour sa part, José Maria Gil explique en tant qu’expert des questions du terrorisme que « le Polisario agit pour l’entretien d'une situation violente qui va finir par éclater dans toute la région. Si la situation s’aggrave de ce point de vue, nous devons nous poser la question suivante : quelle est l’expérience que nous avons acquise aujourd’hui dans cette région ? La réponse est que le terrorisme djihadiste a pu s'immiscer dans les conflits qui définissent la présence des musulmans en tant que partie, et finit par prendre leur cours ».

Dans ce contexte, « le Maroc est le seul acteur de la région capable d'assurer la stabilité et la sécurité », affirme l’expert espagnol, « c’est d’ailleurs ce qui explique les décisions des États-Unis d'Amérique dans lesquelles ils ont formellement reconnu que la position marocaine est la plus raisonnable et concrète ».

Pour lui, « la reconnaissance de la marocanité du Saraha par l’Administration américaine est certes surprenante et forte, mais pour l’expliquer il faudra se rappeler le contexte des relations historiques entre le Maroc et les USA » : « il s’agit de la relation la plus ancienne que l’Amérique ait entretenue. Le Maroc a aussi été le premier pays à reconnaître l'indépendance des États-Unis, d'où cette relation extrêmement importante ».

A la question si l’Espagne reconnaitra clairement et sans équivoque, comme l’ont fait les USA, la marocanité du Sahara, José Maria Gil répond que la position de son pays est clairement du côté marocain mais qu’elle devra être plus affirmée.

« L'Espagne traverse actuellement une situation politique délicate. Je crois que nous allons bientôt assister à une crise gouvernementale après avoir contourné la question de la loi de finances. Cependant, ce que je peux confirmer, c’est que la position du gouvernement espagnol n’a pas changé depuis 2001, elle appelle à une solution qui puisse satisfaire les deux parties. La position espagnole est donc claire, elle aurait dû être plus fort dans l'offre, cela ne fait aucun doute, surtout que l’Espagne est le premier partenaire commercial du Maroc ».

En ce sens, il met en avant les raisons pour lesquelles le Maroc est la partie la plus crédible des acteurs de ce conflit régional. « Il ne faut pas oublier que le Roi du Maroc est le Commandeur des croyants, de tous les croyants des religions monothéistes, chrétiens et juifs et pas uniquement les musulmans. Le Maroc a protégé les Juifs fuyant l'Holocauste nazi et le régime fasciste de Vichy. Rappelons-nous aussi que le Maroc a accueilli, si l'on remonte dans le passé, les Juifs séfarades et les Mauresque, expulsés du royaume d'Espagne par nos deux rois catholiques, que le Maroc a toujours maintenu sa position de partenariat stratégique avec l'Europe et l'Occident. Souvenons-nous aussi d'une autre chose, le roi Mohammed V était une figure très noble et fidèle à l'Algérie pendant leur guerre d'indépendance face à la France ».

Enfin, explique-t-il, « le Maroc a une forte présence diplomatique et de nombreuses personnalités espagnoles en témoignent. Il se distingue par sa souplesse diplomatique, sa capacité à négocier, sa patience, ses compétences, et l’engagement de Sa Majesté le Roi Mohammed VI sur de nombreux dossiers, comme sa décision du retour au sein de l'Union africaine, malgré tous les obstacles ».

CCME

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