jeudi 1 décembre 2022 00:30

« Coopération Sud-Sud : contributions intellectuelles des diasporas africaines »

lundi, 06 juin 2022

Le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME) a organisé, dimanche 5 juin 2022 au Salon du livre à Rabat, une table-table sur le thème « Coopération Sud-Sud : contributions intellectuelles des diasporas africaines ». Anthony Ontita Mochama (Kenya), avocat et journaliste, Munira Abdullahi Hussein (Ethiopie), docteur en microbiologie et écrivaine et Toyin Bibitayo Ajao (Nigeria), docteur en sciences politiques et écrivaine ont animé cette rencontre animée par le diplomate et professeur marocain Mokhtar Ghambou.

 En tant que diplomate, au Kenya notamment, Mokhtar Ghambou, également professeur à Yale University (USA), explique comment à travers ses séjours il a pu mesurer la richesse de l’Afrique anglophone à laquelle il faudra s’ouvrir pour briser cette dichotomie avec la francophonie. D’ailleurs, « le leadership africain nous appelle à explorer de nouveaux terrains, à donner la chance à ces pays pour nous faire connaître leurs atouts ».

Introduisant le thème de cette rencontre, il affirme que l’engagement marocain pour la coopération sud-sud est activé sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi qui appelle à toutes les occasions à mettre l’humain africain au centre de toutes les politiques de développement. Cependant, au niveau des organismes africains et des individus, « l’on doit encore libérer la coopération sud-sud de l’idéologie ».

La dimension africaine étant depuis toujours ancrée dans notre identité, « on assiste ces dernières années à panafricanisation des institutions au Maroc, devenue visible même dans les appellations de certaines d’entre elles, on cite à titre d’exemple l’OCP Africa groupe, the bank of Africa, Marchica Med Africa…

Pour sa part, Anthony Ontita Mochama, célèbre journaliste kenyan qui compte à son actif 12 livres et plusieurs publications sur le Maroc, s’est dit enchanté de retrouver Mokhtar Ghambou qui lui a beaucoup appris sur le Maroc depuis les explorations d’Ibn battouta aux exploits du Roi Mohammed VI.

Il invite à travers ses écritures imprégnées par le leadership marocain dans le continent à fructifier la coopération bilatérale entre le Maroc et le Kenya sur la question de l’immigration. « La gestion exemplaire de ce dossier par le Maroc est un modèle pour tous les pays africains ».

Pour ce qui est de la littérature de la diaspora africaine, l’écrivain kenyan explique qu’il faudra « se libérer de l’esclavage mentale et puiser dans notre histoire et la raconter car nous subissons encore l’eurocentrisme ».

Sur la même lancée, Munira Abdullahi Hussein, productrice de littérature destinée aux institutions d’éducation, explique qu’« autrefois, on écrivait nos histoires d’un point de vue occidentale mais nous devons à présent exprimer notre histoire à travers notre propre regard ».

Pour ce faire, « nous devons déconstruire les images erronées en société, déconstruire le discours sur l’Afrique et connaître notre histoire et la vérité sur certains faits que nous ignorons encore sur nous-mêmes ». Elle explique qu’en tant que pays, l’Éthiopie rassemble plusieurs ethnies et cultures mais reste déconnectée du monde sans les efforts de la diaspora qui la font connaître à travers le monde.

Elle invite, en ce sens, à « profiter de la chance des réseaux pour nous connecter entre nous et raconter nos histoires par nous-mêmes, car encore aujourd'hui, nous ne savons pas comment faire de nos différences une force pour construire notre pays ».

D’autre part, Toyin Bibitayo Ajao affirme que « la mobilité africaine, entre cultures africaines, est encore plus enrichissante que celle entreprise vers l’Europe ou vers les Etats-Unis » et que pour une meilleure assimilation dans les pays d’accueil, nous devons d’abord faire un travail d’introspection et d’immersion dans notre culture d’origine.

« Nos rapports au colonialisme affectent la façon dont nous nous regardons. Au sein même de l’Afrique, nous avons souffert l’apartheid et d’esclavagisme, ce sont des traumatismes qu’on devrait guérir pour ne pas les transporter avec nous dans les expériences que nous entreprenons au sein et en dehors de notre continent ».

Pour cela, nous devons d’abord nous connecter entre nous, en tant qu’Africains et diaspora africaine : « nous devons être le changement que nous voulons voir. On vit dans des mega cités, on est super connectés au monde, on ne peut plus dire qu’on n’a pas les moyens de nous connaître ou de nous retrouver ».

CCME

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