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30 juin - Paris - L'institution de Commandeur des Croyants, "socle de l'identité" marocaine (Charles Saint-Prot)

mardi, 30 juin 2009
Le directeur de l'Observatoire français d'études géopolitiques (OEG), M. Charles Saint-Prot, a affirmé que l'institution d'Amir Al-Mouminine, Commandeur des Croyants, "n'est pas une simple appellation symbolique, mais c'est la clé de voûte du système marocain et le socle de l'identité nationale".

Intervenant lundi à Paris lors d'un colloque sous le thème "le développement politique, social et économique du Maroc: réalisations (1999-2009) et perspectives", M. Saint-Prot a souligné que SM le Roi, Amir Al-Mouminine, situé au-dessus des autres pouvoirs constitutionnels classiques, est "le symbole et le garant du bien commun, en premier lieu l'unité nationale, tant sur le plan politique que spirituel et cultuel".

"Le Roi, Commandeur des croyants, est aussi le principal artisan des évolutions puisque le progrès est naturellement synonyme de continuité", a dit M. Santi-Prot, qui développait l'axe "le commandeur des croyants et la réforme du champ religieux: l'Islam du juste milieu".

Il a fait remarquer que le rôle de l'institution d'Imarat Al-Mouminine est fondamental dans la gestion du champ religieux et le maintien de l'unité politique, ajoutant que "la notion d'Amir Al-Mouminine combine à la fois la légitimité spirituelle et la légitimité temporelle".

Après avoir signalé que l'une des clés d'une bonne perception de la réalité marocaine est l'identité musulmane du pays, M. Saint-Prot a fait observer que "le peuple marocain est à la fois croyant, attaché à ses valeurs religieuses et civilisationnelles, et ouvert au progrès et sur le reste du monde".

Le peuple marocain n'est donc pas un peuple "amnésique, sans foi et sans racines", comme il n'est pas non plus "un peuple figé dans un conservatisme sclérosé", a-t-il ajouté, soulignant que les bases fondamentales du Maroc sont l'Islam, la Monarchie et la préservation de l'unité nationale et de l'intégrité territoriale.

Le directeur de l'OEG a, d'autre part, indiqué que "l'identité musulmane du Maroc est l'explication du consensus (Ijmaâ) sans faille réalisé autour de l'institution monarchique qui exprime bien cette heureuse combinaison entre tradition et progrès, offrant ainsi une image paisible et moderne de l'Islam".

Pour sa part, Mme Dominique de Courcelles, directrice de recherche au Centre national français de la recherche scientifique (CNRS), a souligné l'attachement des Marocains à l'essence de ce qui a toujours fait la force de l'Islam marocain, en l'occurrence l'institution d'Amir Al-Mouminine, l'unité du rite malékite, la vertu de l'Ijtihad et le rejet des intégrismes et des extrémismes.

L'Islam est "une composante de la subjectivité de millions de Marocains et est aussi une composante de la culture et du développement", a dit Mme de Courcelles dans son intervention intitulée "une nouvelle configuration du politique et du religieux".

L'intégration de l'économie marocaine au monde globalisé accompagne les réaffirmations des identités individuelles et collectives ainsi que de l'identité nationale, a-t-elle noté, ajoutant qu'"il est alors possible de parler de démocratie et de démocratisation, de développement humain et d'agir, sans que le religieux et le politique soient en lutte de domination".

"L'économique ne peut que profiter des liens réciproques et apaisés du religieux et du politique", a affirmé Mme de Courcelles pour qui la mise en oeuvre de l'Initiative nationale pour le développement humain (INDH) constitue à cet égard "une étape importante".

De son côté, Mme Zeina El-Tibi, journaliste et présidente de l'OEG, a affirmé que dès son accession au Trône, "le jeune Roi Mohammed VI, qui veut être en adéquation avec son temps", a fait part de Sa volonté de venir à bout de la pauvreté, de la précarité, de la marginalisation sociale et de l'exclusion.

Elle a, à ce propos, rappelé que lors de Son premier discours du Trône, le 30 juillet 1999, le Souverain s'était engagé à poursuivre l'oeuvre de Son défunt père en travaillant pour le progrès et le bien-être du Maroc et avait exprimé sa volonté de poursuivre la marche de développement au profit de toutes les composantes du peuple marocain.

"Depuis, a-t-elle ajouté, Son engagement personnel, Son pragmatisme et Sa présence sur le front social ont été les plus fortes caractéristiques des premières années de Son règne".

Le Maroc déploie des efforts considérables pour la réalisation d'un développement durable en empruntant deux voies parallèles mais complémentaires que sont la mise en oeuvre de grands chantiers dédiés au développement et aux projets à moyen et long termes et l'amélioration du quotidien des citoyens les plus défavorisés par le biais de programmes locaux de lutte contre la pauvreté et la précarité, a-t-elle dit.

Le Maroc connaît depuis une dizaine d'années un développement considérable de ses infrastructures et des grands équipements publics, comme il s'est lancé dans de nouveaux chantiers, cherchant à créer des pôles économiques générateurs d'emplois, a noté Mme El-Tibi dans son intervention intitulée "le Roi Mohammed VI et la solidarité".

Abordant l'axe de "la croissance au développement économique : l'exemple des Provinces du Sud", M. Henri-Louis Védié, économiste et professeur à HEC, a souligné d'emblée que les efforts considérables déployés par le Maroc dans ces provinces ont complètement transformé cette région.

"Si la colonisation s'achève en 1955, il faudra attendre 1976 et la Marche Verte pour que commence une autre marche, celle qui conduit à la croissance et au développement économique", a-t-il dit, faisant savoir que "cette longue marche continue aujourd'hui et que depuis 1976, les efforts ont été poursuivis sans discontinuité".

Dans ce cadre, il a cité notamment le secteur des communications avec la généralisation de la radiodiffusion et de la télévision, la réalisation d'un maillage routier exemplaire, la diversification des sources d'approvisionnement pour gagner le challenge de l'eau et la construction de centrales thermiques pour subvenir aux besoins énergétiques.

M. Védié a signalé que des infrastructures de base performantes ont été réalisées dans les domaines portuaire, aéroportuaire, routier, du raccordement au réseau national de l'électricité et de l'adduction en eau potable.

Il a, par ailleurs, souligné que l'essor économique que connaissent les provinces du Sud du Royaume se fait dans les normes du développement durable.

Organisé au Sénat français, ce colloque s'est tenu sous le Haut patronage du président Nicolas Sarkozy, et à l'initiative du Centre de droit international, européen et comparé (CEDIEC), de la Faculté de droit (Université Paris Descartes) et de l'OEG.

Réunissant juristes, économistes, universitaires et chercheurs, le colloque s'est déroulé en présence notamment de l'ambassadeur du Maroc en France, M. El Mostapha Sahel.   MAP

SG au JT de 2m: spécial programmation de la journée internationale des migrants

Les entretiens du symposium

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