mercredi 24 juillet 2024 22:14

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Les jeunes de moins en moins tentés par la migration

Une récente étude du Centre des relations internationales de Barcelone qui a révélé que seuls 20% de ces jeunes envisagent de quitter leur pays et qu’une grande majorité d’entre eux préfèrent rester auprès des leurs.  

Intitulé « Etude sur les jeunes de la Méditerranée », ce document a indiqué que les jeunes Marocains, Algériens, Tunisiens, Egyptiens et Libanais ont affiché un grand attachement à leur pays et que la migration est conçue par eux, plutôt  comme une contrainte dictée par la nécessité de chercher un emploi et de subvenir aux besoins de leurs familles.  

Des résultats surprenants et en totale contradiction avec ceux auxquels d’autres rapports récents sont parvenus. Tel est le cas de l’étude du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) qui a révélé que 45% des jeunes Tunisiens sont prêts à partir vers l’étranger par les voies légales ou irrégulières et que 81% d’entre eux sont prêts à partir clandestinement vers d’autres cieux.   
Une autre étude réalisée par le Conseil national égyptien des recherches sociales et pénales a démontré que l’Egypte arrive à la 7ème place au palmarès des nationalités des migrants irréguliers qui ont tenté d’accéder à l’Europe via l’Italie entre 2012 et 2015, à la 11ème place pour ceux qui ont essayé de passer par la Grèce et à la 10ème place pour ceux qui ont transité par Malte.   

La même étude a également indiqué que 37,5% des jeunes migrants irréguliers  égyptiens interceptés et extradés ont déclaré être prêts à récidiver  et que 31% d’entre eux  recommandent aux autres jeunes de partir ailleurs.   

Même constat d’un rapport sur le développement humain dans le monde arabe publié par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), en  novembre dernier qui a souligné que  le pourcentage de migrants par la population totale du pays entre 2010 et 2014 a été de 3,5% en Algérie, de  7,8% au Maroc, et de 5,2% en Tunisie. La destination privilégiée en 2014 est l’Europe avec 1.284.000 migrants algériens, 2.320.000 Marocains et 414.000 Tunisiens. 

Une tendance révélée par une étude datant de 2011 qui avait indiqué que 29% des jeunes Marocains préfèrent s’installer à l’étranger et qu’une grande majorité d’entre eux rêvent de quitter leur pays dans les cinq années, soit un jeune marocain sur quatre. 

Qui faut-il croire? Pour Mohamed Khachani, secrétaire général de l’Association marocaine des études et recherche sur la migration (AMERM), il faut nuancer ces résultats et les prendre avec une certaine prudence. « Les Egyptiens n’ont pas le choix et la migration se présente comme l’ultime issue face à une crise économique sévère qui s’amplifie davantage. La situation est presque identique concernant les Tunisiens. Par contre,  les Marocains sont aujourd’hui peu tentés par la migration vers d’autres pays vu les facteurs d’attraction qu’offre notre économie», nous a–t-il expliqué. Et d’ajouter : « Ceci d’autant plus que la crise financière et économique qui a frappé l’Europe a fait beaucoup évoluer les mentalités de nos jeunes qui sont devenus plus conscients que même en Europe, il y a du chômage et de la vulnérabilité».  

Le secrétaire général de l’AMERM nous a précisé qu’une étude intitulée «Migration et compétences» basée sur une enquête réalisée fin 2012 auprès de 4.000 personnes, avait démontré que 42% des Marocains  déclarent avoir l’intention d’aller travailler et vivre ailleurs tout en précisant qu’il y a une nuance entre ceux qui  souhaitent fortement partir et ceux dont l’aspiration de quitter leur pays est faible. Ainsi et compte tenu de certains critères, seulement 9% des migrants marocains potentiels ont l’information, les documents et les moyens matériels les habilitant à émigrer.  

Notre source a précisé, par ailleurs, que ces résultats traduisent des intentions qui peuvent changer à tout moment. « On est dans une logique d’intention et pas celle de l’action. Et le passage entre les deux est tributaire de plusieurs facteurs », a-t-il conclu. 

19 Décembre 2016, Hassan Bentaleb

Source : Libération

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