Tétouan : un forum explore les moyens de protection et d'intégration des mineurs

mercredi, 22 mai 2024

Un forum explorant les moyens de protection et d'intégration des mineurs marocains et migrants s’est tenu, mardi 21 mai 2024 à Tétouan, à l’initiative de l'association de protection de l'enfance et de sensibilisation de la famille (APISF), en collaboration avec la commune de Tétouan.

Ce forum, organisé en clôture de la deuxième édition du "Projet de protection et d'intégration des mineurs marocains et des migrants d'Afrique subsaharienne en situation de précarité au Nord du Maroc", est mené par l'association en partenariat avec la "Fundacion Sevilla", et financé par l'agence andalouse de la coopération internationale pour le développement (AACID), en collaboration avec divers secteurs et institutions publiques.

Il a offert une plateforme de communication et de débat entre les secteurs gouvernementaux concernés par la question migratoire, les conseils élus et le tissu associatif.

Ce forum s'est fixé pour objectif de discuter des questions sociales d'actualité et prioritaires, en vue de renforcer les systèmes de protection et de soutien nécessaires à l'intégration des personnes en situation difficile et de promouvoir les plans et stratégies sociaux en la matière.

deyTetouan

S’exprimant à cette rencontre, le président du Conseil de la communauté marocaine à l'étranger, Driss El Yazami, a abordé la question des mineurs non accompagnés marocains, depuis son apparition dans les années 1980 en tant que phénomène universel, posant des défis pour de nombreux pays, la qualifiant de "phénomène social et politique".

"Deux dynamiques politiques mondiales ont émergé : la première étant la Convention internationale des droits de l'enfant (CIDE), ratifiée par le Maroc en 1993, et l'adoption de politiques législatives et institutionnelles pour renforcer les lois régissant la mobilité des personnes", a-t-il noté, dans une déclaration à la MAP.

"Le Maroc est le seul pays à traiter la problématique des mineurs non accompagnés dans le cadre de ses relations avec d'autres pays, conformément aux Hautes orientations royales, avec la disposition du Royaume à rapatrier les mineurs marocains non accompagnés se trouvant à l'étranger", a insisté M. El Yazami, soulignant que le Maroc et l'Espagne sont appelés "à adhérer à l'initiative de lancement d'une nouvelle dynamique et à tirer profit de l'expérience des centres de protection de ces enfants dans les deux pays".

De son côté, le professeur universitaire et membre de la Commission spéciale chargée du modèle de développement, Mohamed Amrani Boukhobza, a souligné que "la question de la vulnérabilité sociale au Maroc est complexe, touchant différentes catégories sociales, et qu'il est difficile de créer des plans et des stratégies pour y faire face de manière exhaustive".

"Les femmes sont un élément central dans les questions liées à la vulnérabilité, avec des divergences entre les milieux urbain et rural, nécessitant ainsi des approches distinctes", a-t-il précisé, relevant que les jeunes en situation de précarité ont besoin de méthodes spécifiques répondant à leurs attentes et besoins, avec des mécanismes favorisant leur insertion socio-économique.

Pour sa part, Rachid Dardabi, membre de la Commission régionale des droits de l'Homme (CRDH) de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, a mis en avant l'importance de l'approche basée sur les droits humains dans les politiques publiques, ainsi que les approches inclusives et de genre, particulièrement pour les personnes en situation de handicap et le développement durable.

Dans son intervention, M. Dardabi a mis l'accent sur l'appel du Conseil national des droits de l'Homme (CNDH) à aligner plusieurs lois nationales avec les dispositions constitutionnelles, compte tenu des acquis du Maroc en matière de migration.

Il est à noter que le "Forum social 2024" a réuni une pléiade d'universitaires, d'élus et de défenseurs des droits humains marocains et étrangers.

Avec MAP

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